Informations Pratiques sur l'ile Maurice

 
 

Situation géographique

L’île Maurice (en angl.: Mauritius) est située dans le sud-ouest de l'océan Indien, à quelque 800 km à l'est de la grande île de Madagascar (voir la carte 1) et à 220 km à l’est de l’île de La Réunion. Ainsi, d’ouest en est, l’île de La Réunion, l’île Maurice (et ses îlots de Agaléga, Saint-Brandon, Cargados Caraos et Chagos Archipelago) de même que l’île Rodrigues forment l'archipel des Mascareignes (voir la carte 1) du nom du navigateur portugais Pedro Mascarenhas qui les explora. Toutes les îles de l’archipel des Mascareignes appartiennent à la république de Maurice (voir la carte 2), sauf l’île de La Réunion qui constitue un département français d’outre-mer (DOM). Toutefois, l’île Maurice est beaucoup moins éloignée de La Réunion (200 km) que de l’île Rodrigues (600 km). La superficie de la république de Maurice est de 1865 km2, et elle atteint un total de 2040 km2 en incluant ses dépendances.

À 394 km au nord-est de l’île Maurice se trouvent les Cargados Carajos qui regroupent 22 îles. L'une d'elles, l'île Saint-Brandon, possède un hôpital et une station météorologique; seuls quelques pêcheurs engagés par une compagnie mauricienne y séjournent périodiquement. Plus loin, se profilent les îles Agalega dont la population est de 300 habitants et, au sud des Maldives, Diego Garcia (voir la carte 3) abritant une base militaire américaine, mais dont la souveraineté est réclamée par le gouvernement mauricien. Tout au nord de l’archipel se trouve l’îlot Tromelin qui est demeuré sous contrôle français (voir la carte 1). La république de Maurice (en angl. Republic of Mauritius), autrefois colonie française (1715-1810) puis britannique, est un État indépendant depuis 1968.

La quasi-totalité des habitants de cet État résident dans l’île Maurice, puisqu’on ne dénombre que 35 000 habitants dans l’île Rodrigues qui couvre une centaine de kilomètres carrés; les autres petites îles ne sont pas régulièrement habitées. L’agglomération de la capitale, Port-Louis, nommée ainsi en souvenir de Louis XV, compte près de 300 000 habitants, soit plus de 40 % de la population totale de l'île Maurice. Les principales villes demeurent Port-Louis, la capitale, puis Rose Hill, Beau-Bassin, Quatre-Bornes, Vacoas, Phoenix, Cure-Pipe (ces villes se touchent et forment une seule agglomération) et Mahébourg où se situe l'aéroport (voir la carte détaillée).

2 Données démolinguistiques

La population de la république de Maurice s’élève à 1,2 million d’habitants et est composée de différentes ethnies: 68% de la population est d'origine indienne (dont 51 % de religion hindouiste — des ruraux — et 17 % sont de religion musulmane — des urbains); ils sont suivis des Métis (27%), des Chinois (3 %) et des Européens (2 %), surtout des francophones (env. 37 000), et aussi un certain nombre d’anglophones (env. 3000). En somme, deux habitants sur trois sont d’origine indienne; ce sont les descendants de travailleurs venus dans les plantations, après l’abolition de l’esclavage (1835) par la Grande-Bretagne. Les autres Mauriciens sont des métis (ou «créoles») descendant des premiers esclaves et des colons français, puis des Chinois (arrivés après les Indiens) fort actifs aujourd’hui dans les commerces d’alimentation.

Carte reproduite avec l'aimable autorisation de M. Mikael Parkvall de l'Institutionen för lingvistik, Université de Stockholm.
Bien que la langue officielle de la république de Maurice soit l’anglais, la majorité de la population, qu’elle soit d’origine africaine, métisse ou indienne, parle le créole mauricien dans une proportion de 55 %; en créole, on l’appelle le morisyen, mais en français on parle du créole franco-mauricien, une conséquence de la colonisation française qui a duré un siècle. Il faut préciser que 18 % des Mauriciens de toutes ethnies parlent aussi ce créole comme langue seconde pour un total de 800 000 locuteurs, c’est-à-dire 73 % de la population. C’est pourquoi le français, en raison de ses similitudes linguistiques avec le créole mauricien, reste la langue européenne la mieux comprise par l’ensemble des Mauriciens, et ce, d’autant plus qu’il est parlé comme langue maternelle par 37 000 Franco-Mauriciens, contre 3000 pour l’anglais. Soulignons, par ailleurs, que le créole mauricien, ainsi que celui de l’île Rodrigues (appelé le créole de Rodrigues), est plus près du créole martiniquais et du créole guadeloupéen des Antilles que celui de La Réunion parlé juste à 200 km plus loin dans l’océan Indien.
Quant à la population d’origine indienne, de nombreux locuteurs ont conservé leur langue d’origine: ils parlent le bhojpouri (30 %), l’ourdou (5,8 %) ou le tamoul (2 %); les deux premières sont des langues indo-iraniennes alors que la dernière fait partie des langues dravidiennes. Pour ce qui est des 35 000 Chinois, outre le créole, ils parlent des langues sino-tibétaines, soit le chinois hakka, soit le chinois wu, soit le chinois mandarin.

Il faut retenir que l’anglais et le français constituent pour tous les Mauriciens – à l’exception des Franco-Mauriciens et des Anglo-Mauriciens – des langues étrangères. Tout le monde parle le créole mauricien ou une langue indienne (ou chinoise), sauf les quelques «Métropolitains» britanniques ou français. Soulignons que la connaissance du français et de l’anglais est variable dans la population, elle dépend grandement du degré d’instruction des individus. Il est plus facile pour la majorité des Mauriciens d’apprendre le français que l’anglais en raison des affinités linguistiques avec le créole et en raison également du prestige dont jouit le français au point de vue culturel.

L’anglais, pour sa part, souffre de son isolement linguistique par rapport au créole. Rares sont les Mauriciens qui affirment savoir plus l’anglais que le français, à l’exception des Indo-Mauriciens et des Sino-Mauriciens toujours plus familiers avec l’anglais qu’avec le français.

Mais on aurait tort de croire que ces groupes ethniques ignorent le français: ils le connaissent moins, c’est tout. L’anglais est la langue de l’État, mais les fonctionnaires connaissent plus le français que l’anglais... Dans les faits, le français est nettement la deuxième langue (après le créole) des habitants de l’île Maurice et l’anglais, la troisième, et ce, même pour les Indo-Mauriciens et les Sino-Mauriciens. C’est probablement cette situation qui porte certains à dire que «tout le monde parle en français, mais tous écrivent en anglais».

Enfin, les Mauriciens pratiquent la religion hindouiste dans une proportion de 52 %; les catholiques comptent pour 26 %, les musulmans pour 16,6 %, les protestants pour 2 %. Les diverses autres religions forment 3 % de la population.