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Curepipe :
La ville de Curepipe se trouve sur le plateau central à une altitude de 549 mètres dans une région pluvieuse et marécageuse. Cette région qui n'avait même pas de nom à la fin de la période française et qui n'hébergeait que quelque 200 personnes vers les années 1830 allait connaître un développement important dans la seconde moitié du XIXe siècle au point où certains envisageaient de détrôner Port-Louis et de faire de Curepipe la capitale de l'Ile Maurice.

 


Guy Rouillard dans son livre " Histoire de Curepipe des origines à 1890 " retrace les grandes étapes du développement de cette ville qui est née sur les bords d'un marais. Les deux premières concessions du temps de la colonie française, dans cette région de forêts indigènes touffus, remontent entre 1752 et 1762. Curepipe n'est alors qu'un lieu de passage. La route carrossable en venant de Port-Louis s'arrêtait à Pont Fer, Phoenix et reprenait aux environs de Rose-Belle. Les multiples rivières aux bords escarpés rendaient le passage difficile. Seulement un sentier, au milieu des forêts primitives, traversait Curepipe. Il n'y avait pas de bâtiment.

Le Trou aux Cerfs est mentionné pour la première fois par Matthew Flinders en 1814. C'est la région sur le versant nord du Trou aux Cerfs qui a été une des premières occupées car d'anciens esclaves venus de Madagascar se sont établis dans cette région après leur émancipation.

En 1817, le nom de Curepipe est pour la première fois donné à cette région, car les occupants des diligences profitaient d'une halte sur la crête séparant la côte sous le vent et celle au vent. Ils s'arrêtaient pour se rafraîchir, se désaltérer et pour curer leurs pipes. D'autres y venaient lors des expéditions pour retrouver les esclaves marrons qui se cachaient dans les vastes forêts qui recouvraient la région.

Le chemin reliant Mahébourg et Port-Louis, commencé en 1817, arrive à Curepipe en 1819. Un poste militaire est établi vers cette période dans la région du pont Carbonel, pour protéger les voyageurs. Ce qui resta du bâtiment devient la première auberge de Curepipe tenue par Madame Cochrane. Commença alors le temps des diligences et des auberges.

Le service postal est inauguré à Curepipe en 1847.

En 1850, Curepipe comptait 200 habitants

En 1851 l'exploitation des forêts vierges commence sur une base industrielle.

En 1858, Curepipe compte 400 résidents.

Le développement de Curepipe est dû à l'exode des Port-Louisiens éprouvés par le paludisme qui commence ses ravages en 1864.

L'arrivée des chemins de fer va activer le développement de Curepipe. A partir de 1865, les trains circulent. Les hôtels vont alors se multiplier. Guy Rouillard les a recensés : Hôtel Union dans la région où se trouve la station des pompiers, l'Hôtel Victoria, l'Hôtel Burke, l'Hôtel Saint Jean aussi connue sous le nom de l'Hôtel des Voyageurs, l'Hôtel de la Providence, l'Hôtel Wilkinson acheté par Jean Charles Salaffa qui construisit l'hôtel où logea Mark Twain, l'humoriste américain.

Après la gare de Curepipe, de nouvelles gares vont ouvrir avec l'afflux des port-louisiens venus habiter les hauts plateaux plus salubres.

En1876, la gare de Curepipe Road est inaugurée. En 1878, celle de Forest Side et en 1927, celle de Floréal.

Les premières habitations se trouvaient près d'anciens marécages dans la partie haute autour de la Mare aux Joncs autour desquels sont maintenant construits l'Hôtel de Ville, les bureaux administratifs, l'Eglise, le Collège Royal et le centre commercial. Le Lac de l'Hôtel de Ville est le dernier vestige de cette mare. Avant que l'eau ne soit fournie par la Mare aux Vacoas en 1895, les Curepipiens l'obtenaient, soit des sources qui se trouvaient sur leur propriété, soit des puits, peu profonds (deux pieds en moyenne). Fontaines, abreuvoirs et lavoirs étaient prévus dans la ville.

Les nouveaux venus ont fait de cette région un centre résidentiel important avec quelques belles maisons de style colonial mais le village de Curepipe n'offre pas un coup d'œil très agréable. Charles Giblot Ducray écrit que " la plupart des routes, sauf la rue Royale, étaient de la largeur d'un cabriolet. Une grande partie de Curepipe est très mal drainée. On rencontre un peu partout des étangs et des marais. On chassait encore le cerf et quelquefois la poule d'eau dans certaines parties de la ville. "

Les nouveaux immigrants plus bourgeois s'installent proches des routes et des voies ferrées alors que les cultivateurs et artisans occupent des terres à l'intérieur des camps.

Le cimetière de Bigara se trouve sur un terrain de 15 arpents. La première inhumation eut lieu en 1875 dans un endroit où il y avait des bigaradiers en abondance. Le cimetière, fermé en 1889 suite à une épidémie de typhoïde, a été ouvert à nouveau en 1923.

1877-1890 : Curepipe est un village

C'est en 1877 que Curepipe est déclaré 'village', " sa limite sera un cercle au rayon de l? mile, dont le centre est l'église-Sainte-Thérèse. "

Le Jardin Botanique de Curepipe - où certaines plantes indigènes sont mises en valeur - est devenu au fil des ans un haut-lieu de promenade et de récréation pour les Curepipiens. En 1868 les terres sont achetées par le gouvernement britannique pour constituer un deuxième jardin botanique après celui des Pamplemousses. L'idée est de mettre en valeur les plantes qui caractérisent les Hauts Plateaux plus humides du pays. C'est dans cette région que la culture du quinquina fut tentée d'où le nom Carreau quinine, comme l'explique Guy Rouillard. En ces temps où sévissait la malaria, on essayait tous les remèdes susceptibles de guérir.

La municipalité assure actuellement la responsabilité des 261/2 arpents du Jardin Botanique alors que c'est " le Service des Bois et Forêts " qui s'occupe de la trentaine d'arpents qui jouxtent le jardin.

En 1878, Curepipe se dote d'un marché.

En 1881, il y a un grand bal au Casino dont la salle est éclairée à l'électricité. Une grande première dans le pays. En cette même année, Curepipe comptait 8 000 habitants.

Lieux de culte et écoles

En 1868, Curepipe est érigée en paroisse. Son curé, l'abbé Commerford a mené à bien la construction de la première église de la région, celle de Sainte Thérèse, qui a eu sa première messe en 1872. Elle a été agrandie en 1890.

La chapelle d'Eau Coulée a été consacrée en 1927, et la basilique de Sainte Hélène ouverte au culte en 1935.

En 1884, c'est la construction de l'église Protestante de Saint Clément, alors que c'est en1907, que l'Église de la Nouvelle Jérusalem à la rue Rémono est ouverte au culte.

Depuis 1886, Curepipe a une mosquée à la rue Malartic.

Les institutions scolaires se développent. En 1871, les religieuses de Lorette ouvrent une école avec pensionnat à la rue Couvent de Lorette à Curepipe Road puis en 1898 elles se rapprochent autour de l'Église Sainte Thérèse et de la gare et s'installent à la rue Commerford.

1871 une succursale du Collège Royal de Port-Louis est ouverte à Curepipe pour éviter aux élèves les longs déplacements vers la capitale. En 1885 une partie des bâtiments officiels s'élèvent sur une partie de la Mare aux Joncs mais il a fallu attendre les années 1912-1914 pour la construction des beaux bâtiments qui font la fierté des Curepipiens et des élèves qui réussissent l'exploit d'être admis au Collège à cause de leur bonne performance aux examens de fin de primaire.

En 1897 les Frères des Écoles Chrétiennes ouvrent le Collège Saint Joseph.

1920 : Inauguration de la Bibliothèque Librarie Carnégie qui contient une collection unique concernant l`histoire des Mascareignes.

1890 : Curepipe devient la 2ème ville du pays

En 1890, le village de Curepipe devient une ville. La nouvelle ville, avec un élargissement de ses limites, est gérée par une Commission Administrative avec Sir Virgile Naz comme premier président.

En 1890 M.F. Jadin décrivait Curepipe comme " la véritable capitale de l'île "

A partir de 1893 certaines rues de Curepipe sont éclairées à l'électricité.

En 1902 Curepipe est doté du bel Hôtel de Ville qui a été construit à partir des bois obtenus de la démolition de la belle demeure de Malmaison à Moka.

La Cité Pitot est construite par la municipalité pour des résidents à budget modeste entre 1930-31 sur un terrain en plein centre de Curepipe où il y avait de taudis et où la peste était endémique. Cette cité est un modèle d'un urbanisme éclairé soucieux d'une vocation sociale pour les défavorisés.

En 1940 à l'occasion du cinquantenaire de la ville, Clément Charoux composa une ballade intitulée Curepipe dans la quelle il propose un autre nom pour sa ville :

Donnez-moi un nom champêtre

Plus moderne, plus avenant

Comme l'a dit naguère le poète

" Bambouville " tout simplement. "

1963 : Nouvelle extension de la ville avec l`addition des régions rurales de Engrais Martial, Couvent de Lorette, Eau Coulée et la région de Mangalkan. Les élections municipales se tiennent à base de suffrage universel

1968 : La ville devient une Municipalité.

La ville de Curepipe est connue pour le stade de football George V, le Jardin Botanique, le collège royal de Curepipe le Trou aux Cerfs et ses complexes commerciaux.

Il y a 7 cités ouvrières dont six dans la seule région de la Brasserie, Forest-Side. La Cité ouvrière des Casernes se trouve à l'extrémité de la route du Jardin.

La grisaille du climat curepipien rend difficile l'entretien des bâtiments. A cause des querelles de succession, des bâtiments et certains espaces vagues sont laissés à l'abandon. De plus, de nombreuses familles se sont déplacées vers Floréal au climat moins humide ou dans les régions côtières, avec pour conséquence que le commerce autrefois florissant de la ville périclite.

La population dans la ville de Curepipe en 2 000

Ville de Curepipe-Ward1 26,171
Ville de Curepipe Ward 2 24,362
Ville de Curepipe Ward 3 28,387
TOTAL CUREPIPE 78,920
District de PLAINES-WILHEMS 358,182

La ville de Curepipe est devenue en l'an 2000 la quatrième ville du pays avec quelque 80 000 habitants répartis en 3 wards

Le Ward 1 qui regroupe 26 171 habitants comprend les régions suivantes :

Allée Brillant, Camp Malgache, Camp Rouillard, Castel, Cité Loyseau, Cité Mangalkhan, Cité Souchon, Curepipe, Curepipe Rd, Eau Coulée, Engrais Martial, Floréal, La Marie, Lapeyrouse, Mangalkhan, Morc. GIDC, Floréal, Rivière-Sèche et Sadally

Le Ward 2 qui regroupe 24 362 habitants comprend les régions suivantes :

Camp Levieux, Cité Baissac, Cité Core, Cité Malherbes, Cité Rivet, Corson, Couvent De Lorette, Curepipe, Curepipe Rd, Eau Coulée, Engrais Cathan, Forest-Side, Malherbes, Morcellement Adam, NHDC - Malherbes, Wooton et Quatre Carreaux

Le Ward 3 qui regroupe 28 387 habitants comprend les régions suivantes :

Allée Brillant, Camp Bombaye, Camp Bouvet, Camp Caval, Camp Lagesse, Camp Le Juge, Cité Attlee, Cité Joachim, Cité la Brasserie, Curepipe, Curepipe Rd, Floréal, Forest-Side, La Brasserie, Les Casernes, NHDC - Allée, Robinson, Trou aux Cerf, Cité St Luc, Morc. Rogers, Morc. Ramalingun et Morc. Piat.

* Guy Rouillard " Histoire de Curepipe des origines à 1890. " Société de l'Histoire de l'Ile Maurice no 8, 1992
* Charles Giblot Ducray. " Histoire de Curepipe de 1890-1930 "